Méditation-Prière – dimanche 26.04.2020

3ème dimanche de Pâques

Première LectureActes 14, 22-33
PsaumePsaume  15 (16), 1-2a.5, 7-8, 9-10, 11
Deuxième Lecture1Pierre 1, 17-21
EvangileLuc 24, 13-35

Toute la vie de Jésus nous a montré que son Dieu et Père est un Dieu d’amour et de don gratuit, c’est ainsi qu’il ne cesse de mettre tout humain debout car il est venu pour que nous ayons la vie.

Toutes les liturgies de ce temps pascal ne cessent de nous répéter que la mort n’a pas le dernier mot mais bien la vie.

La liturgie nous a dit que la vie n’était pas dans les tombeaux et les enfermements mais dans l’ouverture et la marche ensemble vers plus de vie, dans la rencontre avec l’autre en vérité, en se laissant aimer et en aimant, en vivant le partage du pain, de notre vie et en vivant la solidarité.

Aujourd’hui Pierre nous le redit encore, ils sont passés comme nous par la tristesse, les doutes, les découragements, le désespoir, le « à quoi bon ». Ils ont, comme nous, eu peur même très peur. Ils ont comme nous senti que leur vie était menacée et ils se sont enfermés. Ils ont découvert que la vie n’était pas dans cet enfermement. Cet enfermement leur a permis de creuser profondément en eux-mêmes, de faire silence, de partager ensemble et de prier ensemble. Ils ont expérimenté que Jésus Ressuscité était capable de les rejoindre dans leur enfermement et de non seulement leur souhaiter la paix mais de la leur donner et de les transformer. C’est ce que nous demandons dans les silences de notre confinement : que l’Esprit Saint nous transforme en êtres de paix profonde qui découvrent de plus en plus leur vraie humanité et leur solidarité humaine.

Ces premiers chrétiens ont écouté. Ils ont écouté les évènements, ils ont écouté leurs peurs et leurs émotions, ils ont écouté et ruminé la Parole biblique pour essayer de comprendre, ils ont prié et se sont dépossédés d’eux-mêmes pour créer un espace (un vide) pour que le Ressuscité puisse prendre la place. Et ainsi petit à petit ils ont été transformés. La paix et la conviction intime que leur Maître et Seigneur est vivant brûle leur cœur et explose. Ils deviennent des témoins, des témoins non d’un principe, ni d’une loi, ni d’une idée, mais bien d’une relation aimante vécue et lentement mûrie avec leur Maître et Seigneur. C’est ainsi que Jean, le re-connaît dans la nuit au bord du lac. Car quand on aime vraiment, quand on a vraiment connu on reconnaît même de nuit.

Oui, nous aussi nous devenons témoins en passant par le creuset de l’épreuve, en nous laissant brûler par l’Esprit pour entrer dans cette relation toute personnelle et aimante avec le Ressuscité qui nous entraine vers son et notre Père vers son et notre Dieu. Et cet amour se vérifiera, se reconnaîtra à notre façon de vivre, à nos œuvres.

« Oui, le Seigneur est ma part, mon héritage. Il me fera connaître le chemin de la vie. »

Laissons-nous rejoindre aujourd’hui par le Christ Vivant pour qu’il déploie pour nous les écritures, accueillons qu’il fasse un bout de chemin avec nous, invitons-le de rester avec nous comme nous désirons rester avec Lui et reconnaissons-le quand Il partage le pain avec nous et que quand Il disparaît il n’y a plus que le frère à aimer qui reste présent.

Comme les disciples d’Emmaüs en chemin vers nulle part, retournons enthousiastes et transformés par la vraie rencontre du Ressuscité, vers les frères et devenons témoins.

Dora Lapière

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